Zéro grossesse précoce en milieu scolaire

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 L’éducation sexuelle, un défi à relever [caption id="attachment_5085" align="alignnone" width="300"]Les grossesses précoces en milieu scolaire Les grossesses précoces en milieu scolaire[/caption]

Au Sénégal les grossesses précoces ont souvent des conséquences  socioprofessionnelles chez les jeunes filles. La plupart d’entres elles abandonnent l’école ou perdent une année à cause d’une grossesse dû à l’ignorance ou au manque d’information sur la santé de la reproduction.

«En générale les grossesses précoces se font entre 12 et 16 ans. A cette période les jeunes filles ne connaissent pas la physiologie féminine. Elles croient que s’il n’y a pas de pénétration, il n’aura pas de grossesse. C’est pourquoi, on rencontre des filles qui tombent enceintes avec un hymen intact», a expliqué le Dr Djibril Diallo, gynécologue, lors d’un séminaire de formation de l’ONG RAES à l’Ecole supérieure de Journalisme des Métiers de l’Internet et de la Communication (Ejicom).

Ces grossesses qui sont des événements brusques entraînent des troubles de comportement chez les jeunes filles et constituent un obstacle pour leur scolarité. «Pour les filles qui sont à l’école c’est l’abandon des études volontaire ou forcé», a soutenu le gynécologue.

«Si on ne prend pas garde, on aura que de filles mères à l’école et non des élèves. Les grossesses précoces constituent un frein à la scolarisation des jeunes filles. Une fille qui tombe enceinte aura honte de venir à l’école devant ses camarades élèves avec sa grossesse et même après l’accouchement. La conséquence, c’est la déperdition scolaire», a renchéri le coordonnateur de l’ONG Tostan, Bacary Tamba dans un quotidien sénégalais, lors d’une enquête sur les grossesses précoces.

Les conséquences des grossesses précoces ne se limitent pas unique en milieu scolaire, la société est également un poids à supporter. Si pour certaines c’est des avortements clandestins, pour d’autres c’est des grossesses non désirées qui sont cachées. La fille ne va pas solliciter de soins prénatals et elle peut avoir des maladies non dépistées. Elle devient la honte de famille et les parents ou les marraines la pousse à faire un infanticide.

«A l’extrême, c’est des avortements clandestins provoqués, avec la possibilité  d’avoir des séquelles ou pire d’y laisser sa vie. Les séquelles sont entre autres la stérilité secondaire, les troubles mentales et phycologiques qui sont aggravées par la société, car tous jours, c’est des injures, des humiliations. Il arrive aussi que l’utérus soit collé par faute de césarienne», a poursuivi le gynécologue.

Malgré les campagnes nationales menées depuis des années, il faut signaler que les grossesses précoces en milieu scolaire ne sont pas une vieille histoire. Dans le département de Bignona, les enquêtes de l’ONG Tostan ont montré que cette année il y 196 cas recensés. Pour arrêter ce fléau, dans la région de Fatick, Amnesty International/ Sénégal, a lancé un Plan de lutte contre les grossesses précoces à l’école.

Mariama DIEME / Mbaye GUEYE 

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