La prostitution des jeunes face aux faits

Publié par
|
« Canabasse n’a pas sa belle voix aujourd’hui. Sa prestation reste à être apprécier ». C’est mon cousin qui parle. On était à la place de France de Thiès ville. Sans raison fondée, nous décidâmes d’aller voir de plus prés ce qui se passe dans les bars de Thiès. Je suis un novice dans cette ville. Je ne savais à quel spectacle m’attendre. Hélas, un spectacle inédit, des jeunes filles et garçons dans la tranche de dix-sept à trente années bondaient le long de la rue qui abritait le trottoir. Imaginez-vous un tel spectacle ? Si pour d’aucuns ce décor fait parti de leur quotidien, pour d’autres il en reste une situation pleine de conséquences sur la santé sexuelle et reproductive des adolescents et jeunes qui fréquentent ce milieu. Dans une ville où l’offre en matière de services en santé de la reproduction est insatisfaisante par rapport à la demande des jeunes, dans une situation où l’accès aux services conviviaux en santé de la reproduction demeurent un fléau et où la qualité des prestations de services reste un défi ; des études et solutions pour la prise en charge des besoins en santé de la reproduction devraient être réfléchies Nous voici dans cette fameuse rue dénommée « Paradis ». Moi je la baptise « Paradis des IST et VIH/Sida ». La pluie est passée dans cette rue. Les eaux stagnantes mélangées à celles usées décoraient cette sombre rue. Je m’inquiétais pour ma sécurité. Mais ma passion d’agent marketing social me poussa à approcher une jeune fille travailleuse de sexe. Cette fille à la tête rasée était habillée d’une mini jupe et d’un haut qui laissés toute sa peau dépigmentée, s’approcha de moi avec aisance. Je l’aurai donnée dix-sept ans. Derrière son visage attirant, elle me semblait innocente. Ayant perdu mes mots, ni une ni deux, je la demandai si elle connaissait la planification familiale et de quelle manière avait elle accès aux produits de planification familiale. Dans un air de chasseuse de proie elle a eu l’amabilité d’aborder ce sujet avec moi. « Mon nom de travail est Vivi. Oui je connais la planning. Pour accéder à ses produits, nous payons juste le ticket de consultation. Cependant, nous sommes souvent victimes de stigmatisation ou d’un accueil dans le circuit d’accès aux produits de planning». C’est la jeune fille qui parle. Dans le désir de donner l’information sur les offres de services gratuits de Marie Stopes International Sénégal à Thiès, je ne pus m’empêcher de la demander ses contacts. A ma grande surprise, elle me rétorqua qu’elle ne pourra me donner son numéro qu’après avoir eu une relation sexuelle avec elle moyennant de l’argent. La tentation est sur le terrain de travail mes Djos. Plus loin, dans la même rue, à coté des conducteurs de « Jakarta », m’y retrouva un jeune homme qui voulait se renseignait sur mon désir de partir avec une mineure pour la nuit de ce mardi. Je l’expliquai mon travail d’agent marketing social et les offres de services conviviaux gratuits de Marie Stopes Thiès pour les jeunes. Dans son air de soulard, il raconta « ma petite amie est une minette. Je la fais travailler comme prostituée dans ce bar parce qu’elle m’aime et elle est orpheline. Fréquentes sont les situations ou elle est obligée par un potentiel client à entretenir un rapport sexuel sans préservatif donc ; vos services et conseils seront d’une utilité pour elle et sa bonne santé ». C’est ainsi qu’après cinq minutes d’hésitation, je lui donna mon numéro de téléphone. Trouvez-vous normal dans une ville où les jeunes sont sexuellement et où le taux des grossesses précoces en milieu scolaire est 6% que ; l’accès à l’information et aux services conviviaux en santé sexuelle et reproductive reste un hic. La cible jeune est sous représentée dans la santé de la reproduction malgré leurs besoins énormes. A l’instar de l’ONG Marie Stopes International Sénégal, les autres organisations œuvrant dans la santé des adolescents et jeunes devraient retrouver ces derniers là où ils sont leurs donner l’information et assurer l’accès aux services demandés. De retour chez moi, dans le taxi, je repense à tout ça. Il est trois heures du matin. J'ai un peu de peines pour tous ces jeunes qui sortent et qui, pour certains, ne sont même pas majeurs. Je me demande si les parents sont au courant de cela. C'est comme si je venais de quitter un autre monde. Le monde des filles de la nuit. Vivi et la petite amie du jeune homme ne sont pas des cas isolés. C'est la partie visible de l'iceberg. Et on dirait bien que, ces temps-ci, la taille de l'iceberg augmente. À quand le naufrage du Titanic ? *Djos : terme utilisé par les jeunes signifiant « gars »

Comments

  1. Oanh

    13 octobre 2015

    de9c19 j aime ,j aime et j aime tant te lire e0 chaque fois c est tes atircles sont une source intarissable qui m abreuve et je de9guste chaque ligne avec de9lectation et une grande envie de tout remettre en cause .Tu as le Talent, tu as le coeur mais surtout,tu as du courage رانيا تبارك الله عليك

Commenter

A propos de Sunukaddu

Avec les formations « Sunukaddu* », les jeunes du Mali, du Sénégal et de Guinée apprennent à utiliser les médias traditionnels et numériques pour sensibiliser et mobiliser les citoyens et leurs élus sur les thématiques liées à la santé de la reproduction. La plateforme Web Sunukaddu vient compléter ces formations… En savoir plus… Conditions d’utilisation et protection des données

Le RAES

Nous utilisons les médias, le Web et la téléphonie mobile pour faciliter des échanges qui renforcent la santé, l’éducation et la citoyenneté en Afrique. En savoir plus…
Nous suivre: Twitter | Facebook
logo-fondation-orange_fr logo mairie de paris

logo raes
Copyright © 2005 – 2014 RAES FRANCE. Tous droits réservés.